Résilience climatique : l’Europe et la Wallonie renforcent leur préparation

Résilience climatique : l’Europe et la Wallonie renforcent leur préparation
Avec l’adoption de sa première Stratégie wallonne d’adaptation aux changements climatiques, la Wallonie fixe une vision à l’horizon 2060 pour renforcer l’adaptation et la résilience de son territoire. Une démarche qui s’inscrit dans une dynamique également portée à l’échelle européenne.

La Wallonie face à des risques climatiques croissants

Adoptée par le Gouvernement wallon le 27 août 2026, la Stratégie wallonne d’adaptation aux changements climatiques s’appuie notamment sur le diagnostic de vulnérabilité du territoire wallon réalisé dans le cadre du projet PRW-317 et sur les travaux de la Plateforme wallonne pour le GIEC. Son objectif principal est de réduire la vulnérabilité du territoire wallon face aux impacts des changements climatiques afin de rendre la Wallonie plus résiliente.

Le diagnostic identifie quatre aléas climatiques majeurs en Wallonie : les inondations et coulées de boue, les vagues de chaleur, les sécheresses et les incendies. Il souligne également le caractère systémique des risques climatiques : ceux-ci peuvent interagir, se renforcer mutuellement et produire des effets en cascade sur la population, les infrastructures, les activités économiques ou encore les écosystèmes.

Pour anticiper ces évolutions, la stratégie wallonne se prépare à un scénario de réchauffement mondial de l’ordre de +3 °C d’ici la fin du siècle par rapport à l’ère préindustrielle. Dans ce scénario, les modélisations reprises dans la stratégie indiquent que la température annuelle moyenne en Wallonie augmenterait de près de 4 °C. Les vagues de chaleur deviendraient plus fréquentes, tandis que l’alternance entre sécheresses et épisodes de pluies intenses accentuerait les pressions sur le cycle de l’eau.

Une approche intégrée de l’adaptation

Face à ces constats, l’adaptation ne consiste pas uniquement à réagir lorsque survient un événement extrême. La stratégie prend en considération les différentes composantes du risque climatique : l’aléa, l’exposition et la vulnérabilité. Elle met ainsi en avant la nécessité d’identifier et de limiter les aléas climatiques, mais également de réduire l’exposition des populations, des activités, des infrastructures et des écosystèmes et leur vulnérabilité.

Cette approche doit également tenir compte des interactions entre les différents secteurs concernés, parmi lesquels l’eau, l’agriculture, la forêt, la santé, l’aménagement du territoire, les risques naturels ou encore les communes. La stratégie wallonne est assortie de neuf objectifs stratégiques, déclinés en mesures dans un premier plan d’actions couvrant la période 2026-2030.

Elle souligne par ailleurs que l’adaptation et l’atténuation sont complémentaires : s’adapter aux conséquences du changement climatique ne remplace pas la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Les deux démarches doivent être poursuivies simultanément.

Une ambition également portée à l’échelle européenne

Cette volonté de mieux anticiper les risques trouve aujourd’hui un écho à l’échelle européenne. Le 27 octobre 2026, la Commission européenne a présenté un cadre européen pour la résilience climatique destiné à renforcer la capacité de l’Europe à anticiper les risques climatiques, à s’y préparer et à les gérer.

La Commission entend notamment intégrer davantage la résilience climatique dans les grands domaines d’action, aux niveaux national et international. Le cadre prévoit également de soutenir les autorités locales et régionales dans leurs efforts d’adaptation, notamment au moyen de projets pilotes et de services de conseil.

Cette initiative s’accompagne d’une proposition de loi européenne sur la résilience climatique, qui établit une trajectoire de référence commune pour le réchauffement planétaire. Selon les données scientifiques reprises par la Commission, le monde s’oriente vers un réchauffement de 1,5 °C d’ici 2030, 2 °C d’ici 2050 et 3 °C d’ici 2100 par rapport aux niveaux préindustriels. Cette trajectoire doit constituer une hypothèse commune permettant aux États membres d'évaluer les risques climatiques futurs dans leurs prises de décision.

Anticiper aujourd’hui pour renforcer la résilience de demain

Les démarches wallonne et européenne convergent ainsi vers un même objectif : mieux connaître et anticiper les risques pour renforcer la capacité des territoires et de la société à faire face aux conséquences du changement climatique. La préparation, l’adaptation et la prise en compte des risques dans les politiques publiques constituent des leviers essentiels pour limiter les vulnérabilités.

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