Renforcer la résilience des entités critiques en Belgique : focus sur la loi CER

Renforcer la résilience des entités critiques en Belgique : focus sur la loi CER
Jean-Louis Carpentier
Adoptée en décembre 2025 par la Chambre, la loi sur la résilience des entités critiques (CER) vise à garantir la sécurité de la population, la continuité des services vitaux et la protection des infrastructures critiques du pays. Focus sur l'implication de la Région wallonne dans ce cadre.


 

Le 19 décembre 2025, la Chambre des représentants a adopté la loi sur la résilience des entités critiques (CER), transposant la directive européenne du même nom dans le droit belge. Cette nouvelle législation constitue un pas déterminant pour renforcer la protection des services essentiels face à un environnement de risques en constante évolution. Elle vise à garantir la sécurité de la population, la continuité des services vitaux et la protection des infrastructures critiques du pays.

Coordonnée au niveau fédéral par le Centre de crise National (NCCN), la loi CER impose notamment la réalisation d’analyses de risques sectorielles, l’identification des infrastructures critiques et l’élaboration de plans de résilience par les entités concernées. Elle modernise et remplace la loi du 1er juillet 2011 en proposant un cadre harmonisé, adapté au contexte géopolitique actuel.

L’implication de la Région wallonne

Dans ce cadre, la Région wallonne joue un rôle important, pour les secteurs qui relèvent de ses compétences. Actuellement, ce rôle porte spécifiquement sur le secteur de l’eau potable, même si d’autres secteurs la concerneront à l’avenir.

Pour le secteur de l’eau potable, ses missions principales sont les suivantes :

  1. Assurer le suivi de la mise en œuvre de la loi CER en Wallonie, en étroite collaboration avec le secteur de l’eau.
  2. Participer à la mise en œuvre et au suivi des obligations issues de la loi CER au niveau national, en tant que membre du Comité National de sécurité pour la Fourniture et Distribution d’Eau Potable. 

La Région wallonne agit ainsi comme relai entre le niveau fédéral, les autres régions et le secteur wallon de l’eau, garantissant une application cohérente des critères et des obligations de la loi CER.

Au sein de l’administration wallonne, le Centre de Coordination des Risques et de la Transmission d’Expertise (CORTEX), ainsi que le SPW Agriculture, Ressources naturelles et Environnement sont chargés du suivi et de la mise en œuvre de la loi CER dans les domaines de l’eau potable et des eaux résiduaires. 

Un cadre de gouvernance structuré

L’autorité sectorielle compétente pour l’eau potable est le Comité national de sécurité pour la fourniture et la distribution d’eau potable, créé et désigné par l’Arrêté Royal du 31 juillet 2020. Il est composé actuellement :

  • Des trois Régions
  • Du SPF Santé publique
  • De l’AFSCA

En Wallonie, un Groupe de travail « Résilience » accompagne les travaux visant à renforcer la résilience globale du secteur de l’eau et répondre aux demandes du Comité. Ce groupe de travail réunit :

  • Aquawal
  • Les opérateurs de l’eau potable et des eaux résiduaires
  • L’Union des Villes et Communes de Wallonie (UVCW)
  • Les administrations régionales compétentes

Ce groupe a pour objectif d’implémenter les principes de la loi, coordonner les travaux avec la Flandre, Bruxelles et le niveau fédéral, et harmoniser les critères d’identification et de désignation des entités critiques. 

Les analyses sectorielles de risques, élaborées en janvier 2026 par le Comité, serviront de base aux futures entités critiques pour établir leur propre évaluation des risques et définir leurs mesures de résilience.

Une réévaluation des entités et infrastructures critiques aura lieu tous les quatre ans, la prochaine en 2030, parallèlement à la révision de la stratégie de résilience nationale.

Liens utiles : 

Pour en savoir plus sur le secteur et l’eau en Wallonie :

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